Prendre soin de soi avant de prendre soin des autres : et si ce n’était pas égoïste ?

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'Prendre soin de moi n'est pas de l'indulgence, c'est de la préservation de soi...'
– Audre Lorde

Vous êtes toujours disponible pour les autres.

Vous écoutez. Vous rassurez. Vous organisez. Vous anticipez. Vous accompagnez. Vous pensez à ce qu’il ne faut pas oublier.

Et vous ?

Il arrive que nous soyons tellement habitués à prendre soin des autres que nous ne nous demandions même plus comment nous allons vraiment.

Nous continuons.

Encore un peu.

Jusqu’à ce que le corps se fatigue, que le sommeil devienne moins réparateur, que l’irritabilité apparaisse ou que la sensation d’avoir « trop à gérer » prenne de plus en plus de place.

Et si prendre soin de soi ne consistait pas à penser moins aux autres, mais à ne plus s’oublier dans la relation aux autres ?

Quand prendre soin des autres devient une habitude

Prendre soin fait partie de la vie.

Nous prenons soin de nos enfants, de notre partenaire, de nos parents, de nos proches. Nous sommes présents pour nos amis. Nous assumons nos responsabilités professionnelles et personnelles.

Et cette attention à l’autre peut être profondément nourrissante.

Mais parfois, presque imperceptiblement, un déséquilibre s’installe.

  • Nous disons oui alors que nous aurions besoin de dire non.
  • Nous répondons 'ça va' alors que nous sommes épuisés.
  • Nous faisons passer une demande avant notre besoin de repos.
  • Nous culpabilisons lorsque nous prenons du temps pour nous.

Et nous finissons parfois par considérer nos propres besoins comme secondaires.

À force de vouloir être disponible partout, il devient difficile d’être véritablement présent quelque part… y compris pour soi-même.



Pourquoi est-il parfois si difficile de prendre soin de soi ?

Prendre soin de soi pourrait sembler évident.

Pourtant, s’arrêter peut être beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.

Parce qu’une petite voix intérieure peut rapidement apparaître :

‘Je n’ai pas le temps’

‘Je le ferai quand tout sera terminé’

‘Les autres ont davantage besoin de moi’

‘Je ne peux pas les laisser se débrouiller’

Ou encore :

‘Je suis égoïste si je pense à moi’

Derrière cette difficulté peuvent se cacher différentes choses : l’habitude de faire passer les autres en premier, la peur de décevoir, le besoin de se sentir utile, la difficulté à poser des limites ou simplement un rythme de vie qui ne laisse plus beaucoup d’espace.

Le problème, c’est que ‘plus tard' arrive rarement tout seul.

Il restera probablement toujours quelque chose à faire, quelqu’un à aider, un message auquel répondre ou une responsabilité à assumer.

Prendre soin de soi commence alors parfois par une décision très simple :

cesser d’attendre d’avoir du temps et commencer à s’en accorder.



La charge mentale : quand même les moments de repos ne reposent plus

Il est possible de s’asseoir sans réellement se reposer.

Le corps s’arrête… mais la tête continue.

  • Penser au repas du soir.
  • À ce qu’il faut acheter.
  • À ce rendez-vous à prendre.
  • À cette personne à rappeler.
  • À ce dossier à terminer.
  • À ce qu’il faudra organiser demain.

À force d’anticiper, de planifier et de garder mentalement une multitude de petites choses, une forme de saturation peut apparaître.

Cette charge mentale ne se mesure pas seulement au nombre de choses que nous faisons, mais aussi à toutes celles auxquelles nous pensons.

C’est pourquoi une soirée devant une série ou quelques minutes sur les réseaux sociaux ne suffisent pas toujours à nous donner la sensation d’avoir réellement récupéré.

Parfois, ce dont nous avons besoin n’est pas simplement de ‘ne rien faire ».

C’est de pouvoir, pendant quelques instants, ne plus avoir à penser pour tout le monde.



Prendre soin de soi n’est pas forcément ‘faire plus'

Lorsque l’on parle de self-care ou de bien-être, nous imaginons facilement un massage, un week-end, une activité relaxante, une séance de sport ou un moment rien qu’à soi.

Tout cela peut évidemment faire du bien.

Mais prendre soin de soi peut être beaucoup plus simple.

C’est parfois...

  • se coucher plus tôt parce que l’on est fatigué ;
  • sortir marcher quelques minutes ;
  • respirer avant d’enchaîner deux obligations ;
  • manger sans faire autre chose en même temps ;
  • demander de l’aide ;
  • reporter ce qui peut attendre ;
  • ne pas répondre immédiatement à un message ;
  • dire que l’on n’est pas disponible ;
  • s’autoriser à changer d’avis ;
  • ou simplement reconnaître :  ‘Aujourd’hui, j’ai besoin de ralentir’

Prendre soin de soi ne devrait pas devenir une nouvelle tâche à réussir parfaitement.

Il s’agit plutôt de réapprendre à entendre ses propres signaux.



Poser ses limites, c’est aussi prendre soin de la relation

Dire non peut être inconfortable.

Nous pouvons craindre de décevoir, de paraître égoïste, de créer un conflit ou de ne plus être la personne sur laquelle tout le monde peut compter.

Pourtant, poser une limite ne signifie pas rejeter l’autre.

Une limite peut simplement dire :

‘Je tiens à vous, mais je dois aussi tenir compte de moi’

Lorsque nous dépassons constamment nos propres limites, la fatigue peut progressivement laisser place à l’agacement, à la frustration ou au ressentiment.

Nous continuons à donner, mais nous ne donnons plus de la même manière.

Apprendre à dire non à certaines choses permet aussi de préserver les ‘oui' que nous avons réellement envie de donner



Et cette culpabilité lorsque vous choisissez de penser à vous ?

C’est peut-être l’un des obstacles les plus importants.

Vous vous accordez une heure… mais vous pensez à ce que vous devriez être en train de faire.

Vous refusez une demande… puis vous vous demandez si vous n’avez pas été trop dur.

Vous vous reposez… mais une partie de vous considère que vous devriez être productif.

La culpabilité ne signifie pourtant pas nécessairement que vous faites quelque chose de mal.

Elle peut simplement apparaître parce que vous faites quelque chose différemment de ce que vous avez toujours fait.

Si vous avez longtemps appris à être disponible, serviable, fort ou responsable, vous accorder une place peut demander un véritable réajustement intérieur.

Petit à petit, une autre question peut alors remplacer : ‘ Ai-je le droit de penser à moi ? '

par : ‘ De quoi ai-je besoin pour rester disponible sans m’épuiser ? '



Votre corps vous prévient souvent avant votre agenda

Nous attendons parfois d’être complètement épuisés pour nous autoriser à ralentir.

Pourtant, le corps envoie souvent des signaux bien avant.

  • Une respiration plus courte.
  • Des tensions dans les épaules ou la mâchoire.
  • Une fatigue persistante.
  • Une irritabilité inhabituelle.
  • Des difficultés à se concentrer.
  • Un sommeil perturbé.
  • Une impression de ne jamais vraiment décrocher.

Ces manifestations peuvent avoir de nombreuses causes et, lorsqu’elles persistent ou deviennent préoccupantes, elles méritent bien sûr d’être évoquées avec un professionnel de santé.

Mais elles peuvent également devenir une invitation à se poser une question que nous oublions facilement :

‘Comment est-ce que je vais, vraiment ? '

Pas comment vont les enfants.

Pas comment va votre partenaire.

Pas ce qu’il reste à faire.

Vous.



Prendre soin de soi pour être autrement présent aux autres

Il ne s’agit pas de choisir entre soi et les autres.

Peut-être s’agit-il justement de sortir de cette opposition.

Lorsque nous respectons davantage notre fatigue, nos émotions, notre besoin de calme ou nos limites, nous pouvons aussi devenir plus disponibles dans nos relations.

Non pas disponibles tout le temps.

Mais présents autrement.

Prendre soin de soi permet parfois de retrouver de la patience, de la disponibilité intérieure, de l’écoute et simplement le plaisir d’être avec l’autre.

Parce qu’il est difficile de verser encore et encore depuis une coupe qui n’a jamais l’occasion de se remplir.



Avant de dire oui...

Je vous propose une expérience très simple.

Lorsque quelqu’un vous demande quelque chose, essayez de ne pas répondre immédiatement.

Prenez une respiration.

Puis posez-vous intérieurement trois questions :

Est-ce que j’en ai réellement envie ?

Est-ce que j’en ai la disponibilité aujourd’hui ?

Si je dis oui, à quoi suis-je en train de dire non pour moi ?

Il ne s’agit pas de refuser systématiquement.

Il s’agit simplement de remettre un peu de conscience entre la demande de l’autre et votre réponse.

Vous pourriez être surpris de ce que cet espace révèle.



Retrouver la sérénité commence aussi par se donner une place

Prendre soin de soi, c’est apprendre à reconnaître ses besoins, écouter ses limites, accueillir sa fatigue et s’autoriser à ne pas être disponible pour tout, tout le temps.

C’est un chemin qui nous aide à différencier ce que nous choisissons réellement de donner de ce que nous faisons par habitude, culpabilité ou peur de décevoir.

Il ne s’agit pas de devenir égoïste ni de cesser de prendre soin des autres, mais de comprendre que notre propre équilibre mérite lui aussi une place dans notre quotidien.

Et si, avant de vous demander ce que vous pourriez encore faire pour les autres, vous commenciez parfois par vous demander :

‘De quoi ai-je besoin, moi, aujourd’hui ? '

Peut-être que prendre soin de vous n’enlèvera rien à ce que vous donnez aux autres.

Peut-être que cela vous permettra simplement de donner sans vous perdre en chemin.



Pour aller plus loin... 

Prendre soin de soi ne signifie pas penser uniquement à soi.
C’est apprendre à écouter ses besoins avec davantage de conscience, à reconnaître ses limites et à respecter son propre rythme avant d’arriver à l’épuisement.

C’est aussi observer ce qui nous pousse parfois à toujours faire passer les autres en premier : la peur de décevoir, la culpabilité, le besoin de se sentir utile ou simplement l’habitude de continuer, même lorsque notre corps et notre esprit nous invitent à ralentir.

La sophrologie et l’accompagnement psychocorporel peuvent offrir un espace pour retrouver cette écoute de soi : revenir au corps, accueillir ses émotions, apaiser les tensions, prendre conscience de ses besoins et retrouver progressivement un équilibre plus juste entre ce que l’on donne aux autres et ce que l’on s’accorde à soi-même.

Prendre soin de soi n’enlève rien à ce que l’on donne aux autres. C’est aussi une façon de préserver la qualité de ce que l’on partage avec eux.

Et si, avant de vous demander ce que vous pourriez encore faire pour les autres, vous commenciez aujourd’hui par vous demander : ' De quoi ai-je besoin, moi ? '

Si cet article résonne en vous et que vous ressentez le besoin d’être accompagné(e) pour retrouver davantage de sérénité, mieux écouter vos besoins, poser vos limites ou alléger une charge mentale devenue trop présente, je vous invite à découvrir mes accompagnements. Nous pourrons échanger sur votre situation et voir ensemble ce qui pourrait vous correspondre.

Avec douceur, Latifa




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